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Le stress : intrus malvenu (2e partie) / Les effets métaboliques

Une surcharge de stress amplifie nos émotions, altère la physiologie de nos organes, perturbe notre intégrité biologique, bouleverse notre homéostasie physiologique jusqu’à diminuer l’espérance de vie.

Jean-Guy Bernard, conseiller en nutrition sportive et en alimentation saine

Jean-Guy Bernard, conseiller en nutrition sportive et en alimentation saine

Notre survie est principalement liée à notre faculté à s’adapter au stress. « Hier ne survivaient que les plus forts, dans le présent et l’avenir ne demeureront que les plus sages ». En effet, le stress d’aujourd’hui est très différent et beaucoup plus aigu. La société moderne impose un rythme qui s’accélère jusqu’à pousser l’homme à l’extrême limite de sa faculté d’adaptation. La vie moderne, stressante sur le plan physique, émotionnel, chimique, infectieux et électromagnétique, provoque un stress qui élève les taux de certaines hormones et de nombreuses substances inflammatoires dont les effets métaboliques du cortisol.

Comprendre les mécanismes du stress afin de mieux agir
À chaque fois que notre organisme fait face à un stress, il finit par s’adapter. Cependant, tout agresseur non maîtrisé engendre une cascade physiologique qui entraîne à son tour un dérèglement glandulaire de l’axe hypothalamus/hypophyse/surrénale et ainsi compromet l’harmonie totale de l’être par l’augmentation des pathologies qui lui sont associées. Selye a divisé les effets du stress en trois parties :

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1-La phase d’alarme :
L’organisme réagit et mobilise ses forces pour réagir contre l’agent stresseur. Le corps libère principalement de l’adrénaline et de la noradrénaline.

2-La phase de résistance :
Lorsque le stress dure longtemps, l’organisme s’arrange pour résister à la situation, c’est alors que la sécrétion du cortisol augmente.

3-La phase d’épuisement :
Lorsque le stress dure trop longtemps, la glande surrénale décompense.

Le cortisol, l’hormone du stress, aiguise les sens et accroît l’aptitude de réaction, préparant le corps à agir de façon appropriée. C’est pourquoi nous avons besoin de cortisol pour traverser toutes les épreuves et les sollicitations. Le cortisol est produit par le cortex de la glande surrénale en réponse au stress.

Le cortisol est essentiel pour la vie et facilite la survie en cas d’événements stressants :

- Augmente le glucose sanguin
- Catabolise les protéines des muscles et des graisses (afin d’apporter de l’énergie complémentaire)
- Diminue l’inflammation
- Augmente la réponse des effets de l’adrénaline et la noradrénaline
- Stimule la fonction cardiaque
- Facilite le travail musculaire

Tous ces effets facilitent la survie lors d’événement stressant en permettant à l’organisme de s’adapter. Cependant, les agents stressants chroniques de notre époque tels que la vitesse, la compétition, l’environnement dénaturé (bruit, béton, éclairage artificiel, pollution),  l’excès de stimulation psychique (informations médiatiques et communications téléphoniques) et la pression de nos relations de travail apportant une surcharge de stress qui amplifie nos émotions contribuent à altérer la physiologie de nos organes, perturber notre intégrité biologique et bouleverser notre homéostasie physiologique.

Le stress chronique élève de façon dramatique le niveau de cortisol et cette altération physiologique engendre de  nombreux problèmes :

- Réduction de la production de testostérone par des effets inhibiteurs multiples au niveau hypothalamique, pituitaire et testiculaire

- Catabolisme musculaire des tendons et des ligaments (dû au besoin d’en transformer les acides aminés en glucose)

- Réduction de la synthèse des protéines (dû au besoin d’en préserver les acides aminés pour les transformer en glucose)

- Réduction des niveaux de DHEA, d’hormone de croissance, d’IGF-1 et d’hormone de stimulation de la thyroïde (TSH)

- Chute du taux métabolique de base (ou nombre réduit de calories brûlées pendant le jour et la nuit)

- Ralentissement du transport du glucose aux cellules

-  Réduction de la sensibilité à l’insuline

- Augmentation de l’appétit et de l’envie incontrôlable de glucides

- Augmentation de la masse grasse en général (résultat d’une augmentation de l’appétit, d’excès alimentaires et d’une réduction du métabolisme)

- Redistribution et accumulation de la masse grasse au niveau de l’abdomen

Un niveau élevé de cortisol peut réduire les IgA sécrétoires ; ces anticorps qui protégent nos muqueuses (du système respiratoire, digestif, et génital) de l’entrée de substances indésirables. Cette diminution des IgA sécrétoires entraîne une plus grande susceptibilité envers les infections et les manifestations des allergies.

Certaines cellules du système immunitaire appelées Natural Killer, celles  qui s’attaquent aux cellules cancéreuses et aux cellules infectées par des virus sont inhibées dans leur action par des niveaux trop élevés de cortisol. Les niveaux de lymphocytes T et d’interleukines 2 sont diminués.
Tout cela entraine une susceptibilité plus grande aux infections, allergies, cancers et maladies auto-immunes.

Les taux chroniquement élevés de cortisol apportent une variété de troubles de l’humeur comme l’anxiété, la dépression et les désordres de panique. L’excès de cortisol précède et non l’inverse, à nombreuses maladies, cancers, diabètes, accidents cardio-vasculaires, ulcères, maladies dégénératives (Alzheimer, Parkinson, etc.), maladies de la peau, anorexie, abus de drogues, etc. Malgré ces effets potentiellement défavorables, la production de cortisol est essentielle.

L’excès de stress chronique peut finir par fatiguer les glandes surrénales conduisant à un déficit de cortisol, engendrant ainsi l’épuisement.

Cette incapacité à libérer suffisamment de cortisol face au stress est associée à de la fatigue, de la léthargie, de l’irritabilité et une capacité diminuée pour lutter efficacement contre l’agent stressant. La réduction de la production de cortisol par les glandes surrénales se retrouve dans diverses pathologies comme le syndrome de fatigue chronique, l’inflammation et les maladies auto-immunes.

Voici quelques symptômes liés à un épuisement des glandes surrénales:

- Difficulté à se lever le matin
- Fatigue permanente
- Colère, irritabilité, agressivité
- Sautes d’humeur
- Agitation
- Faible concentration
- Mauvais rythmes de sommeil
- Battements de cœur rapides ou forts
- Tendance à attraper rhumes ou grippes
- Douleurs dans les muscles et les articulations
- Difficulté à perdre du poids autour de la taille
- Candidose chronique
- Baisse d’énergie pendant la journée
- Sensations régulières de faiblesse.
- Dépression
- Maux de gorge fréquents
- Difficulté à cicatriser
- Rétention d’eau

Quelques suppléments recommandés pour le contrôle du cortisol:

1- L’écorce de magnolier : Contrôle le cortisol et a des effets anti-anxiété et antistress

2- Le bêta sitostérol : Équilibre le rapport cortisol/DHEA (surtout suite au stress post-exercice)

3- La théanine : Module les ondes cérébrales pour permettre une performance physique et mentale optimale dans des situations de stress)

4- La phosphatidylsérine : Agit directement sur la réduction du taux de cortisol, surtout suite à une séance d’exercice intense.

5- La vitamine C : Alliée fondamentale pour les glandes surrénales. De tous les tissus du corps, ce sont les glandes surrénales qui en contiennent le plus.

6- La rhodiola rosea: Plante adaptogène  qui permet à l’organisme de neutraliser les différents stress défavorables qu’ils soient physiques, chimiques ou biologiques.

Bonne Santé à tous!

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