L’avènement des médias et les voyages internationaux ont fait éclore les frontières entre les pays, les cultures ainsi que les us et coutumes des populations. Parmi les domaines qui en ont bénéficié, il y a certainement l’alimentation et la cuisine. Le couscous, la soupe tonkinoise et les shushis montrent à quel point les plats et habitudes alimentaires des uns sont devenus rapidement les nôtres. Malgré cette intégration coté «mets savoureux», les philosophies alimentaires derrière ces aliments restent différentes et peu connues. Faisons le point sur les deux principales habitudes alimentaires.
Comparaison des visions

Samir Tidjani, Chef, consultant en alimentation santé et conférencier
Commençons par admettre que les visions orientales et occidentales de toute chose résument la pensée planétaire. Évitons le concept yin yang qui alourdirait le sujet puisque nous ne ferons que l’effleurer. L’Oriental et l’Occidental ne sont différents que dans leur compréhension de l’univers. L’Occident analyse et décortique alors que l’orient observe et synthétise. L’un quantifie, alors que l’autre qualifie. L’un considère un aliment comme la somme de ses composants connus ou encore à découvrir, alors que pour l’autre, un aliment n’a pas vraiment de valeur absolue, il n’existe qu’à travers ses relations avec les autres aliments, avec l’homme, les saisons, les organes sur lesquels il a un effet.
Énergie négative et énergie positive
En occident, l’énergie des aliments (la calorie) est une notion toujours positive, alors qu’en orient, un aliment peut avoir un effet, aussi bien positif que négatif. Cela dépend d’un tas de paramètres, entre autres : la personne qui le consomme!
En effet, tout comme nos empreintes digitales, nos organes, nos organismes et donc nos systèmes digestifs sont uniques. L’observation a amené l’Orient à définir des critères de comparaison pour chaque denrée. Un aliment est classifié selon sa couleur, sa saveur, sa forme, sa texture, sa chaleur (cuisson), etc.
Pour l’oriental, il y a une notion de qualité énergétique : l’énergie quantitative est transformée dans l’estomac, alors que l’énergie qualitative est extraite des saveurs et des goûts, par la rate et le pancréas.
Les 5 éléments, sources de vie
Pour l’oriental, l’homme comme le végétal, le minéral (la roche) et l’animal vivent en harmonie sur terre, et sous le ciel. Toute manifestation vivante s’exprime dans le lien entre la terre et le ciel. L’énergie terrestre et l’énergie céleste guident toute vie, tout ce qui pousse, croit, et se développe et les 5 éléments qui régissent toute manifestation vivante sont l’eau, le bois, le feu, la terre et le métal
Ce qui relie les 5 éléments : le cycle (cercle) élémental
Les 5 éléments permettent et sont source de vie, comme les saisons, comme les organes du corps humain, qui permettent la transformation des aliments en substances nourricières. L’eau s’écoule, imbibe le sol, et donne vie au bois, symbole du végétal qui repousse à chaque printemps. Le bois engendre le feu en brulant. Les cendres retournent à la terre en la recouvrant, et donnent naissance au métal présent sous forme minérale. La fonte du métal nourrit l’eau qui se charge de minéraux. Les 5 éléments sont interdépendants et se succèdent dans un cycle appelé : cycle élémental

Classification d’après les saisons
C’est au printemps que les plantes surgissent du sol, la couleur verte lui est associée, tout comme le foie (qui se régénère même amputé de ses 2/3) qui symbolise la régénération.
L’été, le soleil, la chaleur, symbolisent l’épanouissement du règne végétal. Comme la sève de la plante, la circulation des liquides s’accélère. L’été est associé au cœur et à la circulation sanguine, à la couleur rouge et à l’élément feu.
L’été indien est relié à l’élément terre. Une terre fertile donne une plante en santé qui améliore la qualité de notre sang, et donc de notre immunité. La couleur jaune lui est associée, la saveur sucrée ainsi que la rate et le pancréas.
L’automne, la vie quitte les végétaux qui retournent à la terre où l’élément métal domine. La couleur blanche, ainsi que la saveur piquante lui sont associés L’hiver dominé par l’eau, la couleur noire lui est associée, ainsi que la saveur salée. L’hiver, l’homme reconstitue ses énergies, l’eau nettoie le corps. Les reins sont associés à l’hiver.
Relations transversales entre les éléments :
D’autre part, le bois recouvre la terre, qui endigue l’eau. L’eau éteint le feu, qui fait fondre le métal. Le métal coupe le bois et permet à la plante de se nourrir des minéraux
Ce qu’il faut comprendre
Pour résumer, la consommation d’aliments de saison bien identifiés permet à l’organisme de nettoyer et renforcer un organe particulier chaque saison. Les 5 organes du système digestif sont évidemment interdépendants, et fonctionnent en synergie. Le déséquilibre d’un organe a un effet sur un autre, ce qui implique qu’un symptôme est la manifestation d’un désordre certain, mais en aucun cas la maladie elle-même. On comprend qu’en Occident (médecine d’urgence) on traite au plus pressant : le symptôme, alors qu’en Orient (médecine préventive) on traite le terrain.
Exemple
La diététique occidentale considère par exemple, le riz et les pommes de terre comme équivalents, parce que constitués d’amidon. Tandis qu’en Orient la pomme de terre pousse en dessous du sol, humide et gorgée de minéraux concentrés dans la terre, va alourdir le corps, l’inviter à la sieste. Le riz qui pousse au-dessus du sol, léger, aérien et gorgé de soleil, va au contraire nécessiter moins d’énergie pour la digestion, et permettre un travail cérébral plus optimum. Ce qu’il faut retenir, c’est que comparer le riz et les pommes de terre par rapport à leur contenu en amidon c’est bien, mais savoir qu’avant d’effectuer un travail cérébral, il vaut mieux manger du riz que des pommes de terre, c’est pas mal aussi. N’est-ce pas?
Conclusion
La connaissance d’une seule vision de l’alimentation ne suffit plus aujourd’hui, car notre état de santé, celui de nos sols et de nos aliments ne laissent pas d’autre alternative que de revoir nos certitudes, nos façons de traiter et notre corps et nos aliments. Autrement dit, l’Orient et l’Occident ont deux visions différentes du concept de l’énergie, mais la connaissance des deux visions, permet de réaliser que l’une sans l’autre, ces visions sont théoriques. Mais l’une et l’autre ensemble, elles forment un tout, dont la connaissance représente un bagage unique pour l’appréciation de notre univers et du corps qui nous y promène. Manger pour vivre sous-entend manger pour effectuer un travail, alors qu’un bon souper pour l’instant ne fait que récompenser une dure journée de labeur.
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Les recettes thérapeutiques sont une conception du Chef Samir Tidjani de l’École Globe-Traiteur. Toutes les recettes qu’il présente dans Flash Santé ont des propriétés préventives ou curatives. Elles vous sont offertes dans le but de favoriser la santé. Cependant, elles ne remplacent pas les conseils de votre médecin.
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Information : Nutricuisine
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